Poème

La maison de l’enfant est toujours la plus propre:

Nous l’allons montrer tout à l’heure.

 

Une Maman faisait un gâteau

Sur le comptoir de sa cuisine.

L’enfant survînt à jeun, qui cherchait aventure,

et que la faim en ces lieux attirait.

« Qui te rend si hardie de pâtisser sans moi?

Dit ce petit être inventif.

Tu seras châtiée de ta témérité. »

 

« Fils, répond Maman,

Que Votre Majesté ne pique pas de colère

Mais plutôt qu’elle considère

Qu’elle vient de jeter par terre

Les trois derniers oeufs du frigo

Et que par conséquent, je ne puis finir le gâteau. »

À ces mots, l’enfant montre sa déception

Et pour compléter le tableau

Regarde vers ses pieds, babille en suraigu:

« Oups! J’ai oublié mon pot… »

Le parent n’est pas joueur: c’est là son moindre défaut.

« Que mangiez-vous chez grand-mère? dit-elle à cet emprunteur.

– Tarte aux fraises et glace vanille

me sustentaient, ne vous déplaise.

– Tarte aux fraises? J’en suis fort aise!

Et bien, ce midi: brocolis! »

 

 

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Les livres

Mon dernier article a déchaîné les passions et fait le buzz sur l’Internet: pas moins de 7 commentaires, dont seulement 4 émis par moi! Le début de la gloire frissonnante!

Comme je vous le confiais à l’occasion de cet article fleuve, je me complique sciemment la vie avec des principes fumeux auxquels j’adhère complètement (ce qui, au final, est un peu le propre du bobo). En particulier, je tente (plus ou moins vainement) de ne proposer à la chair de ma chair que des livres traitant uniquement de la réalité.

Chez nous (dans la maison sise en Théorie bien entendu, cet endroit merveilleux où tout se passe bien), point de souris qui font du shopping, point de crocodiles copains avec des oies, point de Tchoupi et surtout SURTOUT point de Peppa Pig.Lire la suite »

Montessori et les idées toutes faites

La première Maison des Enfants a ouvert ses portes dans un quartier populaire de Rome en janvier 1906.

casa dei bambini

Cent onze ans après, si Maria Montessori recevait un centime pour chaque utilisation commerciale (et généralement erronée) de son nom, elle serait l’habitante la plus fortunée d’outre-tombe (mais probablement aussi la plus agacée). Entre les livres estampillés Montessori où les doudous discutent et font du shopping (WTF??!!??), les jeux aux couleurs criardes qui font huit choses à la fois, les bouquins à destination des parents pressés proposant un nombre varié d' »activités d’inspiration Montessori », il y a de quoi y perdre sa philosophie.Lire la suite »

Comme c’est dur

C’est dur, mon p’tit bonhomme. Comme c’est dur.

Tu hurles dans mes bras depuis une bonne demi-heure, ou peut-être dix ans, ou peut-être vingt secondes: le temps s’étire à l’infini quand tu cries.

Tu vas bien pourtant. Tout va bien. Tu es en bonne santé, tu es heureux, bien entouré, tu attrapes les escargots, manges des fraises et cueilles des coquelicots, tu ne sors plus sans ton canotier, tu es doré à croquer. Petit privilégié.

Mais c’est dur, pourtant, mon p’tit bonhomme. Comme c’est dur.

Comme c’est dur de grandir d’un seul coup, jamais progressivement, non, d’un seul coup. D’enchaîner en quelques jours les étapes qui t’éloignent à jamais du bébé que tu fus si peu. T’habiller, te déshabiller, enlever tes chaussures, les remettre, encore et encore, sans aide – des gestes qui deviendront machinaux, mais qui aujourd’hui sont tant de grandes victoires. Devenir propre d’un coup, et ne jamais oublier, sauf des fois. Comme c’est dur.

Comme c’est dur l’absence, Papa trop loin, PapHibou aussi, et Maman bientôt. Comme c’est dur de vivre ensemble, avec des enfants inconnus, des éducatrices inconnues, même quelques heures par semaine. Comme c’est dur de ne pas voir les copains, les vrais, laissés à la maison jusqu’à la rentrée.

Comme c’est dur tout ça, quand on a deux ans et demi.

Alors tu débordes. Tu cries. Tu mords, tu pinces, tu sautes partout, tu me regardes dans les yeux en retournant la maison. Tu n’arrives plus à t’arrêter, et moi, de toute mon altitude, je mets bien du temps à comprendre.

L’énervement point. Je me demande ce que tu as. Je me dis que TOUT VA BIEN bon sang. Je sens ma courte patience s’évanouir. Je me dis « je ne sais plus quoi faire » et c’est l’alarme: je ne te punirai pas. Je suis convaincue que ça ne sert à rien.

Alors je t’attrape. Je me cale, dans l’ombre, lovée dans un fauteuil confortable, un petit hurlant dans les bras. Et ça dure, peut-être dix minutes, peut-être une heure, toujours mille ans, toujours trop peu. Tu cries, tu pleures, tu es serré contre moi, et je t’écoute. Tu me dis l’évident, puis le souterrain, puis tu te relâches, puis tu reprends. Je te caresse doucement le bras, j’embrasse tes cheveux, et j’attends. Je ne t’en veux plus. Je ne m’en veux plus. L’enfance, c’est ça aussi.

Au bout de dix minutes, une heure, toujours mille ans, toujours trop peu, tu te calmes. Tu demandes une chanson, un livre. On discute un peu. Et tu vas. Mieux, ailleurs. Nous sommes réconfortés tous les deux.

Et je me dis que j’ai bien de la chance d’avoir les dix minutes, l’heure, les mille ans, qui me permettent de te serrer au lieu de te punir.

 

Les petites phrases qui aident

Les Américains ont inventé un concept unique au monde (je crois): la consultante en utilisation du pot. Je vous JURE. La dame a même écrit un best-seller sur le sujet (que j’ai lu, pour de pures raisons sociologiques évidemment).

Dans un pays où il est parfaitement envisageable de choisir ce type de carrière, il est bien normal que fleurissent moult sites Internet et blogs traitant de mon sujet de prédilection: la parentalité. Lire la suite »

Notre liberté

Peuple de France!

Mercredi 28 juin 2016, 32 députés ont amputé l’une de vos libertés fondamentales. 32 députés sur 49 présents (rappelons qu’il y a 577 députés élus), soit 5,5% de vos représentants.

Moins de 6% de vos représentants viennent de vous priver de l’une de vos libertés fondamentales. Il s’agit d’une liberté dont beaucoup de Français ignorent l’existence: la liberté d’enseignement. Garantie par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, le préambule de la Constitution Française et toute une ribambelle de lois et d’amendements, elle signifie en substance que l’école n’est pas obligatoire et qu’il revient aux parents de choisir le mode d’instruction de leurs enfants.Lire la suite »

A l’attention du trentenaire mâle et célibataire

Cher trentenaire masculin et célibataire,

Tu n’as pas encore trouvé la femme de ta vie, peut-être ne la cherches-tu même pas, mais tu vis entouré de filles depuis bien longtemps: soeur, vieille amie, ex ou collègue de travail. La fille représente 50% de l’humanité, il est bien difficile de lui échapper.

Tu pensais donc avoir atteint un niveau honorable de connaissance fillesque qui te permettait de naviguer sans encombre dans les méandres des conventions sociales, jusqu’au jour où brutalement les filles de ta vie ont commencé à se transformer en mères.Lire la suite »

Le retour de la vengeance de la pâtissière (gâteau aux pommes avec du bobo et du Montessori dedans)

 

Autrefois du temps jadis, en l’an beaucoup avant Chouetton, j’étais une pâtissière du dimanche, au sens premier du terme: en mes après-midis dominicales je faisais des gâteaux de folaïe que j’apportais au boulot le lundi, et c’était devenu tellement traditionnel que les collègues râlaient si par malheur je laissais passer une semaine sans sucrerie.

Aujourd’hui, en l’an de grâce 21 mois après Chouetton, je fais toujours des gâteaux, mais plus exactement les mêmes. Il faudra attendre un peu pour assister au retour des choux à la crème au caramel au beurre salé, aux entremets dacquoise/chocolat/mousse mandarine et autres ganaches au chocolat Valrhona.Lire la suite »

Bouquins pour élever son Chouetton à la sauce bobo – pour commencer

Dans ma famille, le bébé est une denrée rare et chère: vingt ans tout rond séparent Chouetton de son prédécesseur au royaume de la risette. Enceinte de ma Merveille, je dus assez rapidement admettre mon manque criant d’expérience pratique en élevage de petit d’homme.

Je fis donc ce que fait toute intello bobo en pareille circonstance et partis m’acheter un mode d’emploi bouquin sur le sujet. Lire la suite »

Du choix

Il y a quelques temps, j’ai eu un très grave accident, suivi un mois après de la naissance de mon Chouetton. Ma vie en a été doublement chamboulée: de jeune cadre dynamique sans enfant, je suis passée à maman invalide à la maison. J’ai arrêté de courir d’un métro à un autre, parce que je ne savais plus courir. Assise, puis en boitillant, j’ai suivi mon Chouetton qui ne demandait qu’à ramper, marcher, escalader, découvrir et grandir. Dans cette bulle aux contours indéfinis, à l’abri de la course folle qu’était ma vie, j’ai beaucoup réfléchi. Je me suis découverte chaque jour un peu plus libre, malgré les entraves physiques qui m’empêchaient de marcher.Lire la suite »